mardi, juin 27, 2017

Le recul de Venise

La domination hégémonique de Venise fait de l’ombre à de plus en plus de rivaux au XV siècle. Les cités et états ennemis s’allient contre Venise en 1508.

L’arrêt de l’impérialisme vénitien.

Les guerres d’Italie

Au XV La Sérénissime renforce ses positions sur le continent et ajoute à « l’état de la mer » un « état de la terre » jusqu’au fleuve du Pô et d’Adda. Les cités de Florence, Milan, Naples s’allient contre Venise pour défendre Ferrare de l’expansion vénitienne. Puis en 1494 Venise a des vues sur la Romagne Pontificale  provoquant la création d’une grande Alliance : la ligue de Cambrai, regroupant toutes les cités et les états ayant une raison de voir Venise moins dominante, et ils étaient nombreux. Le pape Jules II menaça d’excommunier tous ceux qui aideraient Venise. Venise est battue à Agnadello, et la chute finale de Venise semble être scellée. Le pape Jules II change d’alliance en négociant sa souveraineté sur la Romagne, et Venise va profiter des divisions entre François Ier et Charles Quint. en s’alliant tour à tour avec l’un ou avec l’autre.

Le déclin de l’hégémonie de Venise en Méditerranée

Dès le début du XVIe siècle Venise les îles de la mer Égée tombent aux mains des Turcs.

Deux fois par an les bateaux de commerce vénitiens organisés en petite flotte appelée mude partaient pour un itinéraire bien défini escorté par des navires militaires. Il y avait en 1423 à Venise 3900 bateaux et 17000 marins pour une cité de 150 000 habitants.

La montée en puissance de

  • l’empire ottoman, installé à Constantinople devenu Istanbul, et détenteur de terres depuis Budapest en passant par les balkans jusqu’en Algérie,
  • et des espagnols qui détiennent Milan et Gênes

prends Venise en tenaille.

Les turcs prennent Chypre, une place stratégique,  aux vénitiens, déclenchant la riposte de Venise.

La victoire le 7 octobre 1571 lors la bataille de Lépante en Grèce ( aujourd’hui Naupacte ) contre les turcs avec les alliés italiens et espagnols et avec l’appui du pape Pie V, ne fait au mieux que stabiliser la situation face aux turcs. Ce sont 450 navires et 120 000 hommes qui se sont affrontés ce jour là, les alliés ayant une suprématie en artillerie, les turcs une suprématie numérique.

Mais l’Alliance fut dissoute et les turcs réapparurent, Venise ne reprit jamais Chypre, et dû payer tribut aux turcs. De plus cette guerre navale coûta énormément à Venise.

Les états concurrents d’Europe établirent aussi des comptoirs de part le monde, au Cap Vert, en Afrique, en Inde concurrençant avec des prix plus bas les épices et autres produits des vénitiens.

En 1574 le premier vaisseau portugais chargé d’épices déchargea sa cargaison à Venise à des prix sans concurrence.

La peste revint par deux fois en 1575 et 1630. Venise perdit la Crète aux turcs 1669, après 25 années de guerre, un traité fut signé à Passarowitz en 1718.

De grandes familles vénitiennes étaient ruinées, et la décrépitude économique entraîna une décadence politique. Les fêtes et le carnaval permettent de se remémorer à jamais les fastes de la Grande Venise.

La reddition à Napoléon Bonaparte

Napoléon Bonaparte obtint le 12 mai 1797 la reddition de Venise avec  le traité de Campo Formio et l’abdication du Doge Ludovico Manin. La ville fut mise à sac, le navire cérémonial du doge, le Bucintoro, fut dépouillé, les chevaux de bronze transportés à Paris, et Venise fut donné à l’Autriche qui géra la cité jusqu’en 1866.

Venise s’ouvrit au tourisme à partir de la seconde moitié du XXè et fit renaître les fêtes vénitiennes dans les années 1980.

SANS COMMENTAIRES